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Introduction

            Dans cet article nous comparerons la même prise de vue réalisée avec 3 boîtiers très diférents de par leur fiche technique et aussi leur tarif ! Je n'ai eu en main que quelques heures le boîtier Nikon D800 et quelques minutes l'Alpa SWA, je me suis donc cantonné à une même prise de vue faite avec les 3 systèmes. La résolution des capteurs, les angles de champs des optiques et leur qualité n'étant pas égale, je ne prétends pas apporter ici un test absolu et complet mais plutôt vous donner des exemples concrets en images.


Nikon D800

             Le D800 et l'objectif 50mm 1.4 AF-S G que l'on m'a confiés pour ce test étaient neufs. Après un premier test il m'est apparu que la mise au point était légèrement decalée en arrière, après vérification sur la mire de réglage CMP Focus Checker ( voir ici ), j'ai trouvé qu'un réglage du micro ajustement de l'autofocus à -9 donnait une bien meilleure précision de la MAP. Si vous possédez un D800 ( ou tout autre boîtier autorisant le réglage fin de la mise au point ) je vous conseille fortement de passer un peu de temps à faire ce réglage!
            L'utilisation d'une
CMP Focus Checker facilite le choix du bon réglage puisque nous nous basons sur la couleur de l'aberration chromatique pour déterminer s'il sagit d'un back ou front focus, la vue ne comportant pas d'aberration chromatique étant la vue où la mise au point est la plus précise. Nous voyons clairement ci-dessous le résultat de ce réglage. N'oubliez pas que l'on est à f/1.4, d'où le flou généralisé de l'ensemble !

 

 

Note sur la courbure du champ

sur une optique parfaite le plan de mise au point est perpendiculaire à l'axe optique et parfaitement plan. Dans la réalité le plan de mise au point n'est pas parfaitement plan: il est légèrement courbe avec comme centre le point de prise de vue. Selon la qualité des optiques cette courbure est plus ou moins prononcée. Généralement en diaphragmant, la profondeur de champ est suffisante pour résoudre le problème, mais certaines optiques grand angle anciennes posent des problèmes en numérique: sur un paysage à l'infini, une mise au point parfaite à l'infini sur le centre de l'image entrainera des bords flous si le diaphragme n'est pas suffisamment fermé. Une bonne solution dans ce cas est de faire une mise au point legèrement décalée comme sur le graphique ci-dessous.

 

 

             Nous pouvons voir ci-dessous l'effet de la diffraction sur le capteur du D800: à f/11 et f/16 la qualité d'image baisse de façon visible et les meilleurs diaphragmes de travail sont à f/5.6 et f/8.


             Le niveau de bruit à 100 iso est très faible, malgré la petit taille des photosites, Nikon a réussi à limiter la montée du bruit. Avec un bruit très faible et des fichiers codés sur 14 bits, les mesures de dynamique sur les fichiers RAW bruts donnent plus de 10 diaphragmes de plage dynamique à 100 iso. ( voir sur cette page pour connaître la procédure que j'utilise pour derterminer la plage dynamique ). La marge de surexposition par rapport aux indications de la cellule ( avant qu'il n'y ait écrêtage ) est de +4.13 Ev pour le rouge, +3.31 Ev pour le vert et +3.92 Ev pour le bleu. A titre de comparaison le Pentax 645D à une dynamique de 9.8 diaphragmes à 100 iso ( Vous trouverez sur cette page un test complet du Pentax 645D, avec des images à télécharger en haute résolution )


Les images

             Les prises de vues ont été réalisées sur trépied, en format raw et les fichiers ont été développés dans Camera Raw. Des profils DNG sur mesure avec le rendu CMP ( voir ici ) ont été utilisés pour les boitiers D800 et 645D mais le laps de temps très court durant lequel j'ai eu l'Alpa entre les mains ne m'a pas permis de faire les profils DNG sur mesure pour ce boîtier. Ce profils DNG utilisés dans Camera Raw jouent sur la colorimétrie et le rendu des valeurs, mais n'ont aucune influence sur le rendu des détails.

             Comme nous le voyons ci-dessous, en fonction des focales utilisées et des différentes tailles de capteurs ( avec aussi différents rapports L/H ) les angles de champ résultants de ces combinaisons varient mais restent assez proches.


 

               La prise de vue ci-dessus a été réalisée avec les 3 boîtiers à des dates différentes, d'où le changement d'ambiance lumineuse entre les prises de vues. Cela n'est pas idéal pour faire une comparaison neutre mais je n'ai pas eu le choix !
               Cette vue n'est pas forcément très intéressante
photographiquement parlant, mais les détails fins présents à bonne distance permettent de se faire une bonne idée du piqué en situation de prise de vue réelle. Un test sur des mires en studio ne donnerait pas forcément des résultats similaires, la distance de mise au point et le contraste du sujet étant des variables qui influent sur le rendu d'une optique.
               Nous nous interesserons au rendu des
détails 1, 2 et 3 ( voir ci dessous ). Les extraits sont à 100%, avec une accentuation dans Camera Raw très légère. La mise au point a été faite sur les bateaux au centre de l'image ( détail 2 )

 

            Les angles de champ et les résolutions étant différents, dans le cas présent il en résulte pourtant une taille des objets photographiés quasiment identique sur les fichiers observés à 100%: la résolution supérieure du P65+ est compensée par un angle de champ légèrement plus ouvert, de même façon sur le 645D mais dans une moindre mesure. N'oubliez pas que si les objets ont une taille presque identique sur les 3 fichiers obervés à 100%, la taille des fichiers finaux varie en fonction des boîtiers! Autrement dit même si la sensation de perception des détails est la même en regardant les fichiers à 100% à l'écran, 60 millions de pixels enregistreront plus de détails que 40 millions de pixels. Cela dit, nous voyons sur l'image ci-dessus que 60 millions de pixels n'apportent pas une taille d'image relative très largement supérieure à celle obtenue avec les 40 millions de pixels des D800 et 645D.

 


détail 2 - centre de l'image - crop à 100%

             L'extrait ci-dessus ( détail 2 - visualisé à 100% ) correspond à la zone centrale de l'image, le diaphragme étant optimum ( f/8 ) et la mise au point réalisée avec soin, nous avons sous les yeux la meilleure qualité d'image possible ( en tenant compte bien sûr de la qualité des optiques utilisées pour ce test ) que ces systèmes de prise de vue peuvent restituer. Le filtre antialiasing ( anti-moiré ) présent sur le D800 semble largement niveler le rendu malgré l'excellence du 50mm f/1.4 et comparée aux deux autres extraits, cette zone centrale issue du D800 manque de piqué. Les 645D et P65+ ne sont pas pourvus de filtre antialiasing sur leur capteur, le rendu des détails fins en est donc largement facilité. L'extrait du 645D présente une bonne netteté et l'optique semble être d'un niveau suffisant pour ce capteur, du moins pour cette partie centrale de l'image. Le couple P65+ et Super Angulon 58mm XL me semble décevant et je m'attendais à mieux. L'optique semble être ici en cause car le piqué semble très légèrement moins bon que celui de l'optique Pentax 67 55mm f4 utilisée sur le pentax 645D, qui est pourtant une optique prévue pour le format 6x7. Le super Angulon 58mm XL montre ici ses limites. La différence de couleur de la coque orange vient du fait que j'ai utilisé des profils DNG sur mesure pour les D800 et 645D ( la restitution de cette couleur est bien identique sur les 2 prises de vues ), alors que je n'en ai pas utlisé pour le developpement du fichier du P65+ ( fichier DNG adobe standard intégré à camera raw ).

 


détail 1 - zone périphérique - crop à 100%

             Le détail 1 ( ci-dessus ) se situe en arrière de la mise au point, pas très loin de la zone centrale de l'image, les 3 boîtiers ont a peu de chose près le même type de rendu que sur l'extrait précédent, a savoir que le D800 est en retrait par rapport aux deux autres systèmes de prise de vue. En retrait oui, mais pas si loin que ça des 2 autres si on prend en compte la différence de tarif!

 


 détail 3 - bord droit de l'image - crop à 100%

             Le détail 3 ( ci-dessus ) se situe sur le bord droit de l'image, les optiques utilisées ici vont donc dévoiler leur potentiel: s'il est assez facile d'obtenir un bon rendu au centre de l'image, à ces résolutions de capteurs il n'en est pas de même sur les bords!

             Le D800 équipé de son 50mm 1.4 AF-S G est celui qui s'en sort le moins mal puisque le rendu reste identique, que l'on soit au centre ou au bord de l'image, comme quoi l'optique est excellente! Le Pentax 645D observe une baisse de qualité visible mais reste propre, à noter le moiré léger qui apparaît ( flèche rouge ) sur les structures verticales répétitives. Le P65+ est largement pénalisé par l'optique utilisée ici, une grande partie des détails est tout simplement oubliée en route par l'optique ...


Les tirages papier

             Des tirages papier ont été réalisés à partir des 3 prises de vues avec une imprimante jet d'encre Epson 7900 Pro sur du papier baryté Tecco BT270. Ces tirages ont été réalisés en 2 tailles: 40x60cm et 60x90cm. Avec de telles résolutions inutile d'essayer de distinguer des différences entre des tirages de tailles inférieures!


les différentes tailles de tirages réalisés

prise de vue taille de tirage résolution résultante
D800 40 x 60 cm 311 dpi
645D 40 x 53 cm 345 dpi
P65+ 40 x 53 cm 427 dpi
D800 60 x 90 cm 208 dpi
645D 60 x 80 cm 230 dpi
P65+ 60 x 80 cm 285 dpi

la taille exacte des tirages et leur résolution résultante

             Du fait des différences de rapport L/H entre le D800 ( 3/2 ) et les deux autres capteurs ( 4/3 ), j'ai choisi de maintenir la hauteur 40 ou 60 cm et d'adapter la longueur des tirages en fonction de cette hauteur. Les tirages réalisés à partir du D800 sont donc légèrement plus longs que les autres ( 645D et P65+ ). Nous pouvons voir sur le tableau ci-dessus les tailles exactes ainsi que la résolution d'impression résultante. Je me suis concentré sur la partie centrale de l'image, où la qualité d'image est la meilleure, afin que le rendu ne soit pas limité par une qualité optique médiocre sur les bords de l'image.

TIRAGE 40x60cm
           Le tirage du
D800 en 40x60cm est de très bonne qualité ( à plus de 300 dpi ça semble normal ), mais une fois placé à coté des deux autres tirages de même taille, un examen attentif à l'oeil nu fait apparaître une différence assez visible sur le rendu des détails fins: les tirages des 645D et P65+ sont un cran au dessus, mais cette différence n'est visible qu'en regardant le tirage de très près ( à quelques centimètres du papier ). Observés à 30cm, la différence est encore visible mais très petite et à 50cm du tirage il est impossible différencier les impressions. Il peut paraître surprenant de différencier qualitativement des tirages qui sont à une résolution d'impression supérieure à 300 dpi, mais il ne faut pas oublier que les 311dpi du D800 ( à 40x60cm ) sont théoriques: comme la netteté de l'image n'est pas optimale, la résolution réelle d'impression est largement en dessous.
           La différence entre le tirage issu du
645D et celui du P65+ est inexistante en observant les impressions à l'oeil nu et la perception des détails fins est saisissante: il y a une subtilité et un velouté vraiment impressionnants, même le nez collé sur le tirage il y a encore du détail qui apparaît. Nous sommes là dans le monde de la haute résolution et cela se voit sur les tirages 40x53cm.

TIRAGE 60x90cm
            Les
différences visibles sur les tirages 40x60 sont accentuées en agrandissant la taille du tirage et celui du D800 commence à sérieusement manquer de croustillant! Observé à bonne distance et sans élément de comparaison il peut faire illusion mais placé à coté des tirages du P65+ et du 645D il fait pâle figure. Nous sommes à 208 dpi et vu le manque de netteté du fichier original la résolution réelle sur le papier est encore plus basse.
           A cette taille d'agrandissement la
différence de qualité entre les fichiers du P65+ et ceux du 645D commence aussi a être plus évidente, les différences ne sont pas visibles si on regarde les tirages à une cinquantaine de centimètres mais de très près les transitions se font plus en douceur et les feuillages fourmillent de détails alors que c'est un peu moins évident avec le 645D. Les 50% de pixels supplémentaires du dos Phase One P65+ sont bels et bien là et remplissent leur office.


Conclusion

             S'il est certain que l'optique Super Angulon utilisée sur le P65+ limite quelque peu les performances du dos Phase One, le D800 et son tarif accessible n'ont pas été ridicules lors de ce test, malgré le fait qu'il soit 3 fois moins cher qu'un Pentax 645D et 10 fois moins cher qu'un Alpa SWA 12 muni d'un dos Phase One P65+, le D800 se situe juste un cran en dessous de ses concurrents. Nul doute qu'un D800E ( sans filtre antialiasing ) aurait amélioré un peu le rendu des détails fins qui pêchent ici, mais avec une taille de photosites de 4,9 µm les limites optiques doivent être proches. La large gamme d'objectifs Nikon et la très large plage dynamique du D800 en font un sérieux concurent!
            L'avantage du
moyen format reste dans les tirages grand format où le D800 ne peut lutter. Un moyen format 40 ou 65 millions de pixels n'est réellement utile que pour des tailles de tirage supérieures au 40x60cm, à cette taille de tirage et en dessous, un D800 pourra tout à fait remplacer un moyen format numérique à moindre coût.
           Malgré une
optique qui n'est pas à la hauteur du capteur du P65+, Le boîtier ALPA SWA 12 équipé du P65+ sort vainqueur de ce petit comparatif en terme de qualité d'image sur des tirages grand format, par contre malgré une formidable qualité de fabrication le coté pratique est en net retrait: enlever le dos, placer un dépoli, faire la mise au point, enlever le dépoli, remettre le dos ... et faire une mesure de lumière avec une cellule à main ou déclencher à vide pour tester son exposition ... Les reflex comme le D800 ou le Pentax 645D sont largement plus rapides à mettre en oeuvre et moins contraignants d'un point de vue purement pratique.
           Je possède depuis un an le
Pentax 645D avec quelques optiques, j'aime beaucoup ce boîtier en photographie de paysage et en reportage quand je voyage. Le principal problème que je rencontre en prise de vue avec ce boîtier est dû à la très faible profondeur de champ: des mouvements de bascule de l'objectif pour orienter la profondeur de champ manquent cruellement! La pratique de la chambre grand format en argentique m'a habitué à contrôler l'orientation de la profondeur de champ de manière précise avec les mouvements de bascule et ce manque en moyen format numérique est pénalisant: si on veux éviter la diffraction on ne peut diaphragmer à plus de f/8 et à cette ouverture la zone de netteté est très réduite. La seule solution est d'utiliser des optiques à bascule qui permettent l'orientation de la profondeur de champ ( Loi de Scheimpflug ) et résolveraient ce problème de manière efficace!

 


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